A Manca veut exprimer son soutien et toute sa solidarité à la mobilisation lycéenne entamée ces derniers jours en Corse.
Ce mouvement de jeunesse porte des revendications plus que légitimes qui rejoignent d’ailleurs la plupart de celles des personnels enseignants et éducatifs. Il pointe les inégalités structurelles d’accès à l’Ecole et donc, l’inégalité des chances que produit et creuse le système éducatif français mais aussi la dégradation globale des services publics d’éducation sur notre île comme au-delà.
C’est ainsi qu’il dénonce les classes surchargées faisant de la différenciation pédagogique une gageure, l’absence criante de moyens humains (postes d’enseignants, d’AESH, d’AED, de personnels médico-social comme les infirmières scolaires, les assistantes sociales ou les Psy EN) et matériels (manque d’équipements mobiliers, numériques, vétusté et inadaptation climatique du bâti) au service de la réussite comme du bien-être et de l’épanouissement des publics jeunes les plus défavorisés. En effet, celles et ceux qui se trouvent aux marges et périphéries des grandes métropoles et des centres du pouvoir paient comme de coutume l’addition la plus salée.
La pertinence des doléances avancées par la jeunesse scolarisée révèle d’ailleurs en contre-point la faillite décennale de la politique gouvernementale en matière d’éducation, politique toujours limitée à du saupoudrage ou des effets d’annonce destinés aux personnels comme aux élèves. Sourd et indifférent aux maux de ces adolescent.es et jeunes adultes, ce gouvernement va jusqu’à les criminaliser afin de pouvoir plus facilement encore refuser de les entendre et de satisfaire à leurs besoins. Pire encore, il allume un contre-feux en prétendant qu’ils sont décérébrés, infantiles et irresponsables au point d’être totalement manipulés par la LFI et ses représentants.
Comment ne pas s’indigner de voir que c’est une répression policière aveugle qui est offerte pour seule réponse aux justes interpellations des lycéen.nes ? Comment ne pas s’interroger sur l’image que les politiciens professionnels ont et veulent donner des générations futures ?
Pousser la jeunesse à l’exaspération, c’est être le pompier pyromane de l’affaire.
Mais prenons garde ; que lycéens et étudiants ne tombent surtout pas dans le piège de la colère et de la destruction aveugle qui les pousserait à s’en prendre aux rares outils de service public qui leur reste, c’est-à-dire leurs établissements scolaires eux-mêmes. Ils feraient alors le jeu de celles et ceux qui leur refusent les moyens qu’ils exigent.
Nous voulons enfin dénoncer le jeu trouble d’éléments extérieurs aux établissements qui par des actions délétères tentent de nuire à ce combat en le décrédibilisant aux yeux des médias comme des citoyen.nes. Nous ne sommes et ne serons jamais de ceux qui doutent de la jeunesse et la méprise.
A cette jeunesse anxieuse face à l’avenir sombre que lui fabriquent des dirigeants seulement soucieux de répression et d’austérité budgétaire, jeunesse légitimement inquiète d’être livrée à l’algorithme impitoyable de Parcours sup, nous voulons dire notre confiance et réitérer notre fraternel soutien.
A Manca