Dans le domaine des transports terrestres, aériens et maritimes, un même phénomène est directement à l’origine des mouvements sociaux qui marquent l’actualité.
Les directions de ces diverses branches s’inscrivent dans des dynamiques se caractérisant par la recherche permanente de gains de productivité et ce, dans le cadre d’un marché où la concurrence entre les entreprises se fait de plus en plus prégnante.
Il est indiscutable que le patronat et les actionnaires des sociétés concernées sont davantage préoccupés par la recherche où le maintien de parts de marché que par la satisfaction de nos besoins collectifs.
La déréglementation du domaine des transports imposée par les instances et les Etats de l’Union Européenne demeure la cause majeure de toutes les problématiques économiques et sociales douloureuses de l’heure.
En effet, des consortiums qui aujourd’hui exigent encore plus se sont déjà vus accorder des concessions exorbitantes. Comme à l’ordinaire, ces entités patronales s’acharnent à comprimer la masse salariale à la fois en matière de rémunération et de temps de travail.
Dans le secteur du transport aérien où les lowcoast se taillent déjà la part du lion, la direction de la compagnie Air Corsica a obtenu elle aussi des concessions de la part de certaines catégories professionnelles, comme hélas, de syndicats. Celles et ceux qui ont cru qu’en agissant ainsi elles et ils garantiraient la pérennité de leurs emplois et de la qualité de la vie au travail en sont piteusement pour leurs frais.
Rappelons qu’il y a un peu plus de deux décennies, A Manca avait interpellé les organisations syndicales et les salarié-e-s de l’entreprise en pointant du doigt les risques inhérents engendrés par un consentement à une gestion libérale. Nous sommes donc bien fondés à affirmer que ce qui se passe désormais dans l’entreprise était hautement prévisible.
Il s’en est aussi trouvé parmi les formations politiques pour brader à loisir le service public et ses missions. Le dogme capitaliste s’est ainsi imposé tel un horizon économique indépassable. Cela n’est en rien surprenant de la part de la droite et de l’extrême droite. Mais des formations nationalistes corses ont elles aussi donné dans ce registre délétère.
À l’heure où le débat parlementaire devra trancher la question de l’autonomie, c’est en réalité sur les contours d’un véritable projet de société que porte l’enjeu.
Les choix a opérer sont clairs. Il s’agit soit de poursuivre la mise en oeuvre d’un système fondé uniquement sur le profit, soit de rompre avec cette dynamique mortifère en posant la question de notre Bien Commun en tant que socle fondateur, qu’assise sociale.
Toutes les tentatives d’accommodement avec un système aussi inégalitaire que prédateur ont déjà échoué et échoueront assurément encore.
Le monde du travail en Corse se retrouve au pied du mur et c’est à lui de décider de l’avenir.
A MANCA.