Depuis le 28 décembre 2025, une vague de mobilisations populaires traverse l’Iran, née de l’effondrement économique, de l’inflation et de la paupérisation massive de la population. Ce soulèvement à caractère social s’est rapidement transformé en une contestation politique d’ampleur, visant un régime théocratique qui combine répression politique, exploitation économique et domination patriarcale.
A Manca exprime sa solidarité pleine et entière avec le peuple iranien et la mobilisation féministe qui sous-tend le combat. En effet, au cœur de cette lutte se trouve le slogan « Femme, Vie, Liberté », devenu l’expression centrale d’un combat profondément féministe depuis 2022 et l’assassinat de Mahsa Amini. Les femmes iraniennes restent les premières lignes de la mobilisation, défiant un pouvoir qui fonde son autorité sur le contrôle des corps, la violence d’État et des lois sexistes. Leur courage et leur détermination font de la révolte un mouvement transversal qui remet en cause l’ensemble de l’ordre théocratique et patriarcal.
Les militantes et militants d’A Manca dénoncent un capitalisme autoritaire et patriarcal dont le miroir inversé est cette révolte d’essence anticapitaliste. Le régime iranien, au service d’une élite politico-religieuse et militarisée, organise la misère des classes populaires tout en exploitant et marchandisant les femmes et leurs corps. La mobilisation actuelle s’impose telle une lutte sociale et de classe contre l’injustice économique, l’exploitation et l’oppression systématique.
Nous voulons enfin pointer un inacceptable régime théocratique, liberticide et obscurantiste qui piétine les libertés fondamentales, emprisonne, torture et utilise la religion pour justifier la violence d’État. Cette théocratie s’avère indissociable d’un ordre patriarcal qui fait des femmes et des minorités LGBTQIA+ des cibles privilégiées de la répression.
En criminalisant l’autonomie des femmes et en réprimant toute contestation sociale, le régime cherche à neutraliser l’émancipation collective et à maintenir un ordre profondément inégalitaire.
À l’échelle internationale, rappelons à quel point est dangereuse l’ingérence impérialiste trumpiste qui prétend instrumentaliser la lutte des femmes et des classes populaires iraniennes à des fins géopolitiques. Les sanctions, postures bellicistes et stratégies de puissance font bien sûr le jeu de l’Etat iranien criminel mais frappent d’abord et avant tout, celles et ceux qui produisent les richesses et pâtissent déjà l’oppression du régime. Le capitalisme autoritaire occidental ne constitue en rien une alternative mais plutôt un péril conséquent pour l’Iran. Ajoutons qu’il n’a jamais libéré, ne libère et ne libèrera jamais aucun peuple.
La lutte du peuple iranien s’avère féministe, anticapitaliste et émancipatrice. Elle n’a besoin ni de tutelle impérialiste, ni de sanctions extérieures : elle appelle une solidarité internationale, féministe et populaire, fondée sur le respect de son autodétermination et le soutien actif à ses aspirations à la justice et à l’émancipation.
A Manca